La Bioéconomie

Nous envisageons un bio-monde dynamique, diversifié, renouvelable, durable et circulaire comme étant celui qui remplacera l'impasse fossile sale et nuisible à la vie.

Et tel que l'un des tremplins pour réaliser cette transition, notre objectif est de faire de Bio360 Expo un point de rassemblement mondial où des personnes engagées à faire de l’entière promesse de la bioéconomie une réalité au bénéfice des générations futures, se rassemblent, partagent leurs connaissances et vont de l’avant.
 
Nous considérons le paon, notre symbole de ralliement, comme une métaphore proche de l'effort de coopération que la bioéconomie inspire.

Son éventail de plumes attrayant et bien agencé se déploie dans un impressionnant panel de couleurs complémentaires et éblouissantes, signalant une cohésion et une détermination persuasives face au danger.Tout comme la bioéconomie fournit une large palette de solutions robustes et flexibles pour faire face à notre propre adversaire, les effets croissants du changement climatique.
 
Chaque plume du paon est un brin unique qui s'inscrit étroitement dans un modèle de chevauchement où c'est la somme de toutes les parties qui donne de tels résultats spectaculaires.

Et la cerise sur le gâteau? Le paon est admiré dans le monde entier pour être resplendissant et beau… tout comme la vision et la promesse de la bioéconomie.

Carbone: recalibrer le cadran du carbone
La question du carbone est au cœur de Bio360 Expo.

Les conséquences de l'augmentation des niveaux de CO2 dans l'atmosphère et les effets du réchauffement climatique nous rappellent brutalement ce qui se passe lorsque nous négligeons de tenir compte de la sagesse de nos ancêtres.

«Respectez la mesure adéquate; la modération est meilleure en toute chose »
Poète grec Hésiode (vers 700 av.J.-C.)

Donc, le carbone en quantité mesurée est bon pour nous (18% de chacun de nous est fait de carbone pur et les plantes sont presque à moitié en carbone).

Le carbone trouvé sous forme de CO2 atmosphérique a également toujours été bon pour nous. En appliquant la même notion de «modération» à motivation anthropologique, le CO2 atmosphérique a fait du bon travail pendant des millénaires pour capter et empêcher l’énergie du soleil de s’échapper de l’atmosphère, permettant ainsi un climat propice aux formes de vie que nous connaissons aujourd’hui. Sans cela, en fait, les océans de la Terre seraient gelés.

Cependant, le CO2 atmosphérique non modéré est mauvais pour nous et aussi pour de nombreuses autres formes de vie qui, comme nous, occupent la biosphère… et également l'hydrosphère, l'atmosphère et les géosphères.

Alors, comment réajuster? Comment réinitialiser le cadran du carbone? Nous ne pouvons pas simplement le ramener aux niveaux de la révolution préindustrielle.

Nous avons besoin d'autres approches… et c'est à nous de les adopter.

Faire bon usage du carbone dont nous avons besoin, en évitant le carbone dont nous n’avons pas besoin et corriger l’overdose atmosphérique de carbone

En regardant cela au niveau des températures, qui sont une expression plus tangible des augmentations de la concentration atmosphérique de CO2, Le GIEC a identifié 1,5°C comme le seuil d'augmentation de température à ne pas dépasser afin d'éviter les conséquences irréversibles et bouleversantes du changement climatique.

Et pour rester dans cette limite, nous avons besoin d'une approche à deux volets.

Premièrement, nous devons réduire considérablement nos émissions de CO2 pour rester sous les 1,5°C du GIEC. Cela signifie une forte action ciblée sur l'efficacité énergétique et une augmentation significative des énergies renouvelables à faible émission de carbone afin de réduire le taux d'émission de CO2.

Deuxièmement, nous devons capturer et recycler le carbone renouvelable dans les chaînes de valeur de la bioéconomie pour répondre à une grande variété d’usages humains, en utilisant uniquement du carbone récupéré ou recyclé à partir de sources non fossiles, c’est-à-dire en laissant le carbone de la géosphère exactement là où il est, sous terre. Le carbone renouvelable inclut alors le carbone dérivé de la biomasse, du captage et de l’utilisation du CO2 et du recyclage des matériaux et produits dérivés du carbone qui existent et circulent actuellement.

En tant que tel, le carbone renouvelable est un élément fondamental de la bioéconomie, étant un composant central des matériaux biosourcés. Sa caractéristique distinctive d'être d’origine non-géosphère (c'est-à-dire non fossile) signifie que le cycle du carbone renouvelable est une expression sans équivoque de l'économie circulaire en action.

Troisièmement, nous devons réduire le carbone atmosphérique à des niveaux sans danger, ce qui signifie que nous devons capturer et enfermer des gigatonnes de CO2 «excédentaire» qui se cache dans l'atmosphère.

Captage et utilisation du carbone bioénergie (BECCU)

Le captage et l'utilisation du carbone impliquent la capture du CO2 à partir de sources fossiles (entre maintenant et la suppression progressive), de sources biogéniques et de captage direct de l’air (Direct Air Capture - DAC) et sont un domaine d’innovation en évolution rapide.

Les procédés industriels, les procédés de production d'énergie et le DAC sont les principaux points d’entrée pour la capture du CO2 qui peut ensuite être réaffecté ou extrait de l'atmosphère et transformé en une gamme de produits utiles au quotidien tels que les produits agricoles et chimiques, les matériaux de construction, les carburants de synthèse.

Séquestration du carbone

L'élimination du dioxyde de carbone (CDR en anglais) implique l'élimination du CO2 atmosphérique et sa séquestration à long terme. Les technologies d'émission négative (TEN) fournissent les méthodes et les voies à atteindre et peuvent être classées dans les catégories générales suivantes:

  • Boisement, reboisement et gestion forestière
  • Bio-séquestration
  • Pratiques agricoles
  • Restauration des zones humides
  • Bioénergie avec captage et stockage du carbone
  • Biochar
  • Résistance améliorée aux intempéries
  • Captage d’air direct
  • Fertilisation des océans

Il existe quelques exemples notables de bioénergie avec captage et stockage du carbone (BECCS) dans la pratique, bien qu'une attention particulière doive être accordée à la taille et à la durabilité de ces installations.

Le biochar est une voie locale, éprouvée sur le plan technologique, rentable et largement réplicable pour séquestrer de grands volumes de CO2 accumulés.

Biosourcé: l'économie circulaire en action
Un principe central de la bioéconomie est de fabriquer des produits de manière circulaire et durable à partir de la biomasse qui, autrement, auraient été produits à partir de dérivés fossiles. La bioéconomie offre donc une voie, connue sous le nom de produits biosourcés, pour substituer et remplacer les dérivés fossiles de notre vie quotidienne.

Voici juste quelques domaines où les produits biosourcés ouvrent la voie au remplacement des dérivés fossiles : les produits biochimiques, les bionutriments, les bioplastiques, la bioénergie, les produits bionutriceutiques et biopharmaceutiques, les biomatériaux, les biodétergents, la biocosmétique, les biolubrifiants, les biopesticides, les biofertilisants, les biorevêtements et les produits biopharmaceutiques, etc...

La « salle des machines » pour la bioéconomie est la bioraffinerie qui s'intègre de manière synergique dans les paysages agricoles, forestiers et de la valorisation des déchets en absorbant un mélange de matières premières issues de biomasse, qui sont converties en une pléthore de produits biosourcés utiles.

De nombreuses innovations proviennent de la bioéconomie en termes de développement de processus et d'applications imaginées - souvent induites par la demande - mais afin d’exploiter tout son potentiel et d'avoir un impact significatif et durable, un effort coordonné des décideurs politiques, régulateurs, institutions, propriétaires et gestionnaires de terres, de pêcheries et de l'aquaculture, industriels, financiers et de l'opinion publique seront nécessaires.

Bioénergie: un bénéfice durable pour l'environnement et la société
La bioénergie offre de multiples voies pour produire de l'énergie renouvelable sous forme d'électricité, de chaleur, de gaz et de biocarburants liquides à partir d'un large éventail de matières premières issues de la biomasse.

Chaleur et électricité
La combustion de biocarburants solides pour l'industrie et les collectivités produit de l'électricité et du chauffage / froid via les réseaux de chaleur et de froid urbains. Elle contribue non seulement au remplacement des énergies fossiles et à la réduction des émissions de CO2, mais aussi à l'économie locale en termes de création d'emplois et de maintien de la richesse, de sécurité énergétique et d'une meilleure gestion forestière.

Gaz vert renouvelable
Le gaz vert renouvelable peut être produit via un certain nombre de voies différentes en fonction de la voie (humide ou sèche) qui détermine le choix de la technologie du procédé (biologique ou thermochimique) qui conduit ensuite à son tour à différentes compositions de sorties gazeuses (biogaz ou gaz de synthèse), consommable directement pour la chaleur et l'électricité ou s'il est épuré, injectable dans le réseau de gaz sous forme de biométhane ou utilisable comme bioGNV, un carburant propre pour le transport.

Une chaîne de valeur commune à ces différentes voies part de l'agriculture, de la sylviculture ou d'une gamme de différents flux de biodéchets qui sont ensuite traités pour générer une valeur plus élevée que les utilisations traditionnelles ou alternatives, non seulement en termes de production énergétique dérivée, mais aussi en en termes de bénéfices environnementaux (remplacement des combustibles fossiles, réduction des émissions de CO2, sous-produits de valeur), de création d'emplois locaux, d'augmentation des revenus ruraux et d’une diversification accrue des revenus, etc.

Biologique: de la digestion anaérobie au biogaz et au biométhane
La digestion anaérobie d'une large gamme de déchets organiques (effluents d'élevage, flux de déchets agricoles et agro-alimentaires, biodéchets, etc.) produit du biogaz contenant environ 55 à 65% de méthane, 35 à 45% de CO2 et de petites quantités d'autres gaz. La valorisation des digestats offre également un certain nombre de voies pour ajouter et produire une valeur supplémentaire au processus.

Thermique: Pyrolyse, Pyrogazéification, Gazéification hydrothermale en gaz de synthèse / biométhane
Le traitement thermique d'une vaste gamme de biodéchets solides et liquides provenant de l'agriculture, de la sylviculture, de l'industrie et des déchets ménagers (par exemple les csr - combustibles solides de récupération) crée aujourd'hui de nouvelles voies pour extraire le gaz vert de flux de déchets autrement sous-évalués ou rejetés, qui peut être utilisé sous forme gazeuse ou, via un traitement supplémentaire (par exemple Fischer-Tropsch), converti en un biocarburant liquide.

Biocarburants liquides
Le bioéthanol et le biodiesel issus de cultures agricoles et les flux de déchets destinés à remplacer l'essence et le diesel dans les moteurs à combustion interne, principalement pour le transport mais aussi pour la production d'électricité à plus petite échelle, font désormais partie du mix énergétique depuis de nombreuses années.

Une nouvelle attention se porte actuellement vers les possibilités et les processus avancés pour produire des biocarburants liquides durables en tant qu'instrument clé pour permettre aux secteurs du transport maritime et aérien de se décarboner.